YOLA COUDER 

Commissaire d'exposition & chercheuse en science des arts 

née en 1990 - vit entre Paris, Toulouse et Madrid  yola.couder@gmail.com  
 0033 681 533 454

 

Passionnée par la culture indépendante dans le champ de l'art contemporain ainsi que par les dynamiques d'élaboration du travail artistique collectif en milieu rural, je suis en cours d'élaboration d'une investigation doctorale Franco-Espagnole concernant le territoire transnational de l'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Mon domaine de recherche se situe entre les sciences des arts et l'anthropologie sociale. Plus particulièrement j'ancre mes recherches sur les territoires de la nouvelle région Occitanie et de la Catalogne. Devant une crise globale de perte de sens nous avons besoin de comprendre pourquoi il est important de voir de l'art contemporain en milieu rural et d'y participer particulièrement dans des lieux ni institués, ni dédiés à cet effet.

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Mes trois directeurs de recherches réunissent les universités Autonome de Madrid et Jean Jaurès à Toulouse par le biais d'une cotutelle internationale de thèse obtenue en 2017. Mon doctorat vise à développer une étude comparée des pratiques liées spécifiquement aux dynamiques créées entre les espaces culturels indépendants et les politiques culturelles en place. Il s’agit donc d’analyser un écosystème culturel en perpétuelle circulation, en m'appuyant sur des réseaux avec lesquels je travaille en collaboration, voire en rétro-alimentation depuis le début de mon investigation initiée lors de mon master obtenu au sein du Musée Reina Sofia à Madrid (2013). Leur rôle est fondamental sur le terrain, ils favorisent la rencontre entre les acteurs et ils améliorent la qualité des échanges rendus possibles avec différents décideurs politique. Voici  mes principales références : Red Transibérica pour la Péninsule ibérique, Xarxaprod pour la Catalogne, Coordination Nationale des Lieux intermédiaires et Indépendants et ARTfactories/Autre(s)pARTs pour la France, Trans Europe Halles pour l’Europe.

 

Trois espaces-projets par région seront considérés au sein de ma thèse comme des « cas d'étude » ouvrant ainsi le dialogue et permettant la pensée. Avant de réaliser la sélection j'ai longuement sillonné ces régions et je suis allée à la rencontre des acteurs, à l'écoute de leurs préoccupations et de leurs histoires, je les ai tous interviewés. Ensemble nous avons tissé un premier lien, informel et direct. Plusieurs éléments sont à prendre en compte pour intégrer un lieu indépendant à mon corpus Tout d'abord sa situation en milieu rural. En France, la nouvelle région Occitanie s'affiche comme étant l'un des territoires embrassant le plus de ruralité sur l'ensemble des régions Françaises. En Occitanie 58 % des habitants vivent dans des communes de 200 à 10 000 habitants. La région exprime publiquement à ce sujet son souhait de développer une politique de proximité et d'ainsi valoriser les bourgs-centres. Mon travail consiste à venir analyser de quelle manière ces intentions s'adaptent aux besoins des lieux indépendants et questionne par la même le terme intermédiaire mis en avant par les réseaux et par leurs membres. Ces lieux s'inscrivent à la croisée des arts et des habitants. Les diverses pratiques artistiques ainsi proposées aux publics permettent une collaboration collective. Elles créent des liens intergénérationnels qui sans leurs propositions  n'existeraient pas. 

 

Si en Espagne le terme indépendant est aussi couramment utilisé et reconnu de tous, tout comme celui d'autogestion qui s'explique par une lecture de l'histoire nationale des politiques culturelles, le regard des réseaux français nous apporte cet autre terme, celui d' « intermédiaire ». De nos jours une prometteuse réflexion théorico-pratique sur les intermédialités et les intermédiations de ces lieux dits « autres » est à l'oeuvre. Un lien s'effectue ici avec la notion des « communs », c'est à dire le faire ensemble comme le met en perspective dans ces travaux le sociologue Pascal Nicolas Le Strat. Mon analyse se situe également dans ce champ de la recherche. J'observe le terrain. Un élu régional estimait il y a peu, dans le cadre d'une conversation informelle, que le terme intermédiaire était un mot adapté pour la France, car dit-il « entre l'institution et le rien du tout c'est une forme qui n'est pas l'institution mais une forme d'entre deux », donc une forme à encourager. Car ces lieux occupent une fonction qui n'est remplie par aucun autre. Mais les intermédiaires se situent-ils vraiment à cette place ? Estiment-ils que les intermédialités dont nous parlons sont forcément liées à un statut ni privé ni public ? Nous constatons que pour les gérants des lieux, oeuvrer pour un projet dit intermédiaire consiste plutôt à apprendre à tisser des liens forts avec le territoire de façon à créer ensemble des espaces de liberté dédiés à la médiation entre art et habitants. Ces outils constituent l'innovation de ces lieux et leur « apport » à une société civile. 

 

La tonalité politique n'est pas l'unique lecture de mes recherches, tout comme l'art sert à rendre visible l'invisible mon travail consiste à faire émerger l'immergé. De ce fait, parmi les caractéristiques observées pour la mise en place de mon corpus je m'intéresse au potentiel artistique développé par ces espaces engageant une réflexion sur l’histoire de l'art du temps présent. Il est nécessaire de souligner leur ouverture vers l'ensemble des publics, même les plus éloignés de l'offre culturelle en région, par des méthodes et des outils de gestion originaux mis en pratique, sans oublier une ferme indépendance au sein de l'aspect décisionnel. 

 

La diversité est telle au sein de ces lieux qu'il n'y a pas un exemple meilleur qu'un autre, chaque aventure lie art et territoire de façon unique.

 

 

 

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